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Centrafrique: Eric Sorongopé exige de Touadera la fermeté contre les irréductibles

Par RJDH Centrafrique - 15/09/2016

Le président du Mouvement National de Solidarité (MNS), Eric Sorongopé Zoumandji appelle à une politique de fermeté contre les mercenaires étrangers qu’il a qualifié d’irréductibles

 

Le président du Mouvement National de Solidarité (MNS), Eric Sorongopé Zoumandji appelle à une politique de fermeté contre les mercenaires étrangers qu’il a qualifié d’irréductibles. Cette position est exprimée dans une interview accordée au RJDH le 13 septembre 2016.

RJDH : Monsieur Eric Sorongopé Zoumandji bonjour.
Eric Sorongopé Zoumandji : Bonjour.

En tant qu’allié de Faustin Archange Touadera est ce qu’il rassure ?
Je voudrais préciser que nous ne sommes pas un parti, mais un mouvement national de solidarité dont je suis le président. Effectivement nous sommes alliés, je dirai de première heure, après le premier tour du candidat Touadera. Si nous avons été parmi les premiers, c’est qu’il nous rassure et il continue de nous rassurer.

Il continue de vous rassurer alors que sur le plan politique et sécuritaire, les choses ne sont pas au beau fixe !
Vous savez, la politique est un art difficile, Touadera vient d’accomplir ses cinq mois de pouvoir, nous discutons avec lui, nous l’observons, nous voyons comment il réagit. Ce qui est fondamental, nous savons qu’il se bat pour le rétablissement de la paix et par l’adhésion des combattants des groupes armés au désarmement, la réinsertion et le rapatriement pour ceux qui ne sont pas des centrafricains. Voilà ce qui nous intéresse à un haut point.

Comme le désarmement s’obtient par le dialogue, raison pour certains groupes armés d’être hostiles à l’offre de Touadera ?
Bien sûr ! Nous ne sommes pas naïf, vous savez dans ces choses-là, y a ce que j’appellerai la carotte et le bâton. Je suis certains tout au moins, je pense, qu’il y aura ce dialogue pour amener ceux qui sont de bonne foi, le désarmement c’est-à-dire la paix. Arrivera un moment où les irréductibles surtout les mercenaires étrangers ne voudront pas cette paix, ils vont continuer à pousser les centrafricains à l’agitation. Et je crois certainement qu’il faut utiliser le bâton.

Donc pour vous, Touadera est dans la logique de la Carotte ?
Affirmatif ! Il est dans la logique de la carotte.

Alors, quand la fin de la Carotte ?
C’est un processus qui demande un terme, c’est-à-dire un temps. Le peuple centrafricain à soif de la paix. Et je suis certains que dans les prochains mois, certainement après que la conférence de Bruxelles ait lieu et que les bailleurs de fond aient donné les moyens à Touadera de sa politique – moyens extérieurs- et nous verrons bien d’ici au début de l’année prochaine ce qui se passera sur le terrain.

Toutes les structures ont été déjà mise en place, il s’agit de réaliser les politiques qui ont été définies. Donc amener les gens à comprendre qu’il y a le désarmement et naturellement, il y a des propositions qui se font au niveau de l’incitation au désarmement. Que ces propositions soient mises en application. Il y aura des irréductibles, certainement d’ici six mois, nous n’allons pas continuer à utiliser la carotte.

 


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Mais pour utiliser le bâton, il faut nécessairement l’armée or, le pays ne dispose pas de son armée ?
Très intéressant. Dès lors qu’il y aura une fraction de ces forces illégales qui va se rallier au processus du désarmement, et c’est ce qui est en train d’être fait et Touadera négocie avec tout le monde pour obtenir le désarment, parce que trop de sang a coulé en Centrafrique, on n’a pas besoin de faire couler le sang.

Dès lors que le mouvement du désarmement sera enclenché et qu’il y aura plusieurs appels de pied et que les irréductibles continueront à utiliser leurs armes contre la population civile, nécessairement les forces onusiennes seront obligées de réagir.

En ce moment-là, notre Armée sera déjà aguerrie. Croyez-moi, notre Armée aura seulement quelques mois pour jouer sa mission régalienne et de souveraineté.

Les forces onusiennes ont dit qu’elles ne sont pas là pour faire la guerre !
On ne leur demande pas de faire la guerre.

Mais vous misez quand même sur elles?
Pour la protection de la population comprenez-moi bien, pour la protection, c’est leur mandat qui les y oblige. Dès lors qu’il y aura des adjudications parce que les irréductibles vont se mettre à tuer, à braquer et à violer. Dès lors les forces onusiennes ne vont pas rester les armes au pied.

Deuxièmement. Ce qui peut rassurer est passé peut être anodin : la déclaration du Ministre français de la Défense. Une partie de Sangaris va rester à l’Etat-major et l’autre partie sera affectée au pilotage des drones. Croyez-moi lorsqu’on parle d’utilisation de drones, c’est pour voir le mouvement de la troupe, recueillir des renseignements nécessaires pour répondre avec efficacité aux agitations et tentatives de quelques hordes que ce soit, que cela soit perçu rapidement ! Et si on a ces informations on ne va pas rester les armes au pied ? Non ! on va réagir. Si on surveille les gens et qu’ils tentent de descendre sur Bangui ou attaquer les villes de provinces.

Vous y croyez ?
j’y crois quand même, j’y crois. Vous savez la communauté internationale a dépensé des milliards pour la RCA. Il y a des constructions qui ont été faites et se font. C’est autant des indicateurs qui nous disent que tous ces investissements vont aller à perte et profit. La communauté internationale serait complètement contre-productive, je dirai illogique en ayant beaucoup investi et laisser ces investissements être détruits par les bandits de grand chemin.

La BEAC a salué la croissance économique du pays qui avoisinerait 6% d’ici la fin de l’année. Maquillage économique ou la résultante des reformes du gouvernement Sarandji ?
Vous savez, ce n’est pas un maquillage. Je suis économiste avant d’être financier. Le pays était tombé très bas et il ne peut que se relever pour peu qu’on apporte quelques réformes et quelques investissements qu’on incite les gens au travail.

Qu’est-ce que l’augmentation du produit intérieur brut ? Cela veut dire que les richesses globales de la RCA ont augmenté. Au point où on était ces richesses ne pouvaient qu’augmenter avec l’avènement de la paix, de la démocratie et les grands travaux qui sont entrepris, qui ont les effets induits globaux sur l’économie. Donc nécessairement l’économie ne peut qu’augmenter sauf si les gouvernants sont des idiots et des imbéciles.

L’augmentation doit tenir compte de l’aspect sécuritaire alors que le gouvernement ne contrôle aujourd’hui quatre préfectures. Qu’en pensez-vous ?
Ecouter, faisons la différence entre l’augmentation de nos richesses sur une base donnée. Je vous ai dit que le pays est tombé très bas. Un effort a été fait pour que le pays redémarre. Cela veut dire, si on est au point zéro et qu’on injecte une certaine volonté de réforme et d’investissement, nécessairement nous allons passer du point zéro au point un, deux et trois cela est normal. On n’était tombé très pas, il fallait remonter nécessairement avec la volonté affichée par le gouvernement actuel, sauf qu’on était resté dans la guerre auquel cas, on allait s’effondrer un peu plus. On ne peut que remonter c’est une logique, quant à la suite on verra bien.

Le gouvernement prépare deux examens de passage la table ronde de Bruxelles et la mise en œuvre du DDR. Comment voyez-vous l’organisation de la Table Ronde et ce qu’il faut attendre du DSRP ?
Laissant de côté le problème de DSRP que je connais bien, il s’agit de faire en sorte que l’économie redémarre avec force ; impulse la croissance et le développement. Et cette conférence est très importante parce qu’il faut injecter des fonds dans l’économie, nos structures financières car les finances de l’Etat ne peuvent pas le faire. On a besoin des bailleurs extérieurs et c’est ce qui va être fait. Quant à la préparation, y a eu une large concertation et c’est une bonne chose parce qu’on ne peut pas en dehors des intéressés, beaucoup de gens ont été associés, pour qu’on s’accorde sur le projet. Quels sont les projets utiles ?

Certaines réformes vont passer devant l’Assemblée Nationale, si des fonds massifs sont injectés dans l’économie centrafricaine et que nous apportions des réformes de fond, nous allons nécessairement aller de l’avant avec la croissance et le développement.

Monsieur Eric Sorongopé Zoumandji je vous remercie.
C’est moi qui vous remercie.
 
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