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Centrafrique: La participation des femmes au processus électoral de 2011

Par Nicolas Ndagiyé, Jde - 08/04/2011

Voici l’avis de Mme Marguerite Kofio, présidente de l’OFCA

 

Qu’elles se présentent en tant que KNK, parti au pouvoir, comme indépendante ou sous la bannière de l’opposition, les femmes centrafricaines ont été largement sous représentées aux législatives des dimanches 23 janvier et 27 mars 2011 par l’implacable et dure loi des hommes. Leur place à l’Assemblée nationale à venir risque d’être réduite à une portion congrue. Une chute brutale: c’est le principal enseignement des scrutins au regard des élections de 2005. Déjà au 1er tour, sur un total de 35 ou 36 députés élus, l’on ne comptait que 4 femmes. L’issue du 2e réserve à coup sûr des surprises désagréables. L’élection de Francine Dérant Lakoué, candidate du Parti social démocrate (PSD) dans la 2e circonscription du 5e arrondissement de Bangui au 2e tour, est l’exception qui confirme la règle. Pourtant, trois choses sont certaines. Primo, le Comité national de suivi du Forum des Grands Lacs espère atteindre au moins 30% de femmes au parlement. Secundo, la ‘section Genre’ du BINUCA (Nations unies) a initié une série d’ateliers avec les femmes leaders de Centrafrique en vue d’améliorer leur participation quantitative et qualitative aux instances de décision nationales.

 


© jde
L’Association des femmes professionnelles de la communication (AFPC) avait elle-même organisé des activités pour encourager leurs congénères à voter en faveur des femmes candidates. Tertio, le gouvernement du professeur Faustin Archange Touadera a toujours affirmé faire de cette question l’une de ses priorités… Comment en est-on arrivé là ? A quels facteurs cela est-il dû ? Comment y remédier ? Telles sont les questions auxquelles nous tentons d’apporter des réponses dans l’interview ci-après. Mme Marguerite Kofio est Conseillère au Haut conseil de la communication (HCC). Elle est aussi présidente de l’Organisation des femmes de Centrafrique (OFCA); c’est à ce titre qu’elle a accepté de répondre à nos questions mercredi matin. Elle venait de boucler une vaste tournée en provinces pour rencontrer ses ouailles. Notons enfin que certaines femmes leaders contactées par nos soins gentiment ont souhaité ne pas s’exprimer sur ces questions.

Par rapport à la législature 2005 – 2010, le nombre de femmes dans le parlement futur aurait-il, selon vous, augmenté ou diminué?
Dans la dernière législature, il y avait dix femmes sur 105 députés, un nombre insuffisant car inférieur au quota de 30% fixé par les Nations unies. Nous avons sensibilisé nos sœurs et nos concitoyens pour les conscientiser quant à l’entrée des femmes dans les instances de prise de décisions de notre pays. Nous avons encouragé les femmes à aller massivement aux législatives de 2011 et avions l’impression que notre message était passé. Malheureusement, après le 1e tour, il n’y avait que quatre femmes sur plus de trente députés élus. Cela nous a laissé perplexes. Au 2e tour, nous étions convaincues que les seize candidates seraient élues. Hélas, les premières tendances nous laissent sans voix!

 


© jde
Quelle analyse faites-vous de cette situation? A quels facteurs cela serait-il dû?
Il existe plusieurs facteurs. Entre autres le faible pouvoir économique des femmes matérialisé par l’inaccessibilité au crédit bancaire, l’insuffisante préparation des femmes candidates, les pesanteurs socioculturelles, la non appropriation du concept genre par la population, les pressions (quasi violences) sur des femmes candidates, les partis politiques accordent peu de places aux femmes, le manque de soutien aux femmes par la population locale, les partenaires et la communauté. Les gens font plus confiance aux hommes qu’aux femmes.

Quelles actions faudrait-il initier dans un proche avenir, y compris du côté du prochain gouvernement, pour corriger pareils disfonctionnements?
Les femmes représentent 50,2% de la population centrafricaine. Il faut une forte mobilisation, une solidarité ferme des femmes pour que la lutte puisse aboutir. Il faut respecter le quota de 30% et faire appliquer le concept Genre dans tous les domaines. Les femmes elles-mêmes doivent se mobiliser à travers les associations féminines comme l’OFCA. Il faut faire beaucoup de plaidoyer, gagner à la cause les leaders communautaires. Le gouvernement doit respecter et faire appliquer tous les textes nationaux et internationaux parlant de la protection de la femme et tendant à donner à la femme la place qui lui revient dans la société. Il doit prendre en compte le concept Genre dans les faits, pas seulement dans les discours.
 
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