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Centrafrique : Elections centrafricaines, on truque, on corrompt, on magouille..Silence on a voté !

Par LNC - 23/08/2016

Le panel d’experts de l’ONU s’inquiète de l’élection truquée de 3 chefs antibalaka à l’assemblée nationale et les poursuites de personnes visées par des sanctions et autres fauteurs de troubles

 

Le panel d’experts de l’ONU s’inquiète de l’élection truquée de 3 chefs antibalaka à l’assemblée nationale et les poursuites de personnes visées par des sanctions et autres fauteurs de troubles

ÉLECTION DE MEMBRES DES GROUPES ARMÉS À L’ASSEMBLÉE NATIONALE

En dépit du fait qu’il a fallu faire face à certains problèmes techniques et logistiques, les résultats des élections présidentielle et législative ont, dans l’ensemble, été jugés acceptables et ont donc marqué la fin de la période de transition.
Un nombre important de chefs de groupes armés, principalement des Anti-Balaka, se sont présentés aux élections parlementaires, et deux de ces chefs, ainsi qu’un chef de milice indépendante ont été élus.

Il s’agit, respectivement, d’Alfred Yékatom dit « Rombhot », qui est inscrit sur la liste des sanctions, à Mbaïki (préfecture de la Lobaye), de Florent Kema à Nana-Bakassa (préfecture de l’Ouham) et d’Éric Pogola à Nola (préfecture de la Sangha-Mbaéré).

M. Yékatom est actuellement membre de la Commission de défense et de sécurité de l’Assemblée nationale. Bien qu’il existe des preuves attestant que M. Yékatom a intimidé les électeurs et harcelé les autres candidats dans sa circonscription, les autorités de transition de la République centrafricaine n’ont pas pu rejeter sa candidature ou invalider son élection car il n’avait été reconnu coupable d’aucun crime et n’était pas visé par un mandat d’arrêt national.

Le Groupe d’experts considère que toute rémunération que M. Yékatom percevrait en tant que parlementaire constituerait une violation du gel des avoirs, au même titre que sa solde d’officier de l’armée.
Le Comité et le Groupe en ont dûment informé les autorités centrafricaines de diverses manières.

• POURSUITE DES PERSONNES VISÉES PAR DES SANCTIONS ET AUTRES FAUTEURS DE TROUBLES

Les poursuites dont les personnes visées par des sanctions et les autres fauteurs de troubles sont été minimes et se limitant essentiellement à l’émission de mandats d’arrêt.

Dans le rapport final sur ses travaux de 2015 (S/2015/936), le Groupe d’experts avait évoqué la tentative d’arrestation ratée d’Haroun Gaye par la MINUSCA, le 2 août 2015.
Le 15 mars 2016, la police a appréhendé Abdoulaye Hissène à l’aéroport de Bangui Mpoko et l’a transféré à la section de recherche et d’enquête de la gendarmerie nationale. Des membres de la milice dirigée par M. Hissène l’ont ensuite libéré par après en faisant usage de la force et se sont emparés d’une arme que la MINUSCA avait remise aux autorités avec l’approbation du Comité.
Aucun mandat d’arrêt n’avait été émis contre les trois chefs de la milice du PK-5, à savoir Haroun Gaye, son adjoint Hamit Tidjani et Abdoulaye Hissène, au moment où on a tenté de les arrêter. M. Hissène n’a donc pas été incarcéré et pouvait contester son arrestation.
Le procureur de Bangui avait délivré une injonction dans laquelle il demandait aux forces de sécurité nationales et internationales de trouver M. Tidjani et M. Gaye afin de les interroger et, dans le même esprit, le 2 juillet 2016, il a également émis une citation à comparaître (document différent d’un mandat d’arrêt) à leur égard.

Alfred Yékatom, Eugène Ngaïkosset et plusieurs autres chefs Anti-Balaka à Bangui sont dans la même situation.

Le 20 juin 2016, un juge d’instruction de Bangui a délivré six mandats d’arrêt, notamment contre Abdoulaye Hissène et Haroun Gaye, que le Président Touadéra a remis à la MINUSCA.
En revanche, 47 mandats d’arrêt émis avant 2014, y compris contre Nourredine Adam, n’ont pas été transmis à la Mission.

CAS DE ERIC POGOLA , CANDIDAT DE L’URCA À NOLA III

A Nola III, Serge Djaye le représentant du MLPC dans le bureau de vote 1796 à Nola III s’est vu empêcher de vérifier si les urnes disposées dans le bureau étaient vides au départ. Le candidat de l’URCA, Eric Pogola est entré dans le bureau de vote, armé d’un pistolet. Il a ensuite menacé de mort le représentant du MLPC avant même l’ouverture du bureau de vote.

Eric Pogola s’en est ensuite reparti, accompagné de trois FACA basés à Bilolo. Deux de ces trois FACA ont agressé physiquement le représentant du MLPC, avant de le chasser manu militari du bureau de vote. Il n’assistera pas au déroulement du vote. Et lors du vote, des électeurs ont été contraints de voter pour le candidat Dologuélé et le candidat aux législatives de l’URCA. Après le dépouillement, le représentant du MLPC a été recherché, ramené et forcé de signer le procès verbal.

A Nola I et Nola II, les représentants locaux de l’ANE se sont illustrés par le détournement des voix au profit des candidats Dologuélé et Touadéra. Les représentants MLPC du MLC étaient tenus à l’écart et intimidés et ne pouvaient pas voir de près ce qui se passait lors du dépouillement des résultats.

 

 
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