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Centrafrique : Le discours de Faustin Touadera à Kaga-Bandoro

Par LNC - 10/08/2016

Par ailleurs, sur le fond, son discours bégaie ceux de sa campagne électorale, et ne propose aucune solutions aux crises diverses dont le pays est perclus

 

La République Centreafricaine de par sa Constitution est dite laïque, ce qui signifie, en théorie, que les officiels, et plus encore son président, ne doit pas évoquer le nom de Dieu à tout bout de champ dans un discours officiel. La foi étant affaire privée, car la RCA n’est pas une république religieuse. Et pourtant, à l’instar de ses prédécesseurs, Touadera dans son discours, en mode prêcheur, n’aura que le mot “Dieu” à la bouche.

Par ailleurs, sur le fond, son discours bégaie ceux de sa campagne électorale, et ne propose aucune solutions aux crises diverses dont le pays est perclus.

A noter que sa rencontre avec les groupes armés a tourné court. Les Séléka divers, arrivés en uniformes militaires furent refoulés par la Minusca et seuls des représentants Anti-Balaka ont pu dialoguer avec le président.

 


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Monsieur le préfet, Mesdames et Messieurs les notables, vaillante population de Kaga Bandoro.

Je suis heureux de vous retrouver ce jour ici à Kaga Bandoro, Chef-lieu de la préfecture de la Nana Gribizi. Je suis venu vous rendre visite comme je l’avais annoncé lors de mon récent déplacement à Bouar.

Je suis aussi venu, non seulement pour vous rendre visite, mais surtout pour remercier toute la population de la Nana Gribizi pour la confiance qu’elle m’a témoignée lors des dernières élections présidentielle, en m’élisant très massivement.

Je vous dis aujourd’hui encore une fois merci pour ce vote, merci pour cette confiance. Je puis vous assurer de ma totale volonté de changer la République centrafricaine pour qu’elle redevienne un pays digne, respecté, un Etat comme les autres capables d’assurer le bien de son peuple et son développement.

Mais, je ne vous cache pas que je n’ai pas hérité d’un Etat, mais d’un pays ou tout est à reconstruire, ou tout est à refaire. Mais, avec l’aide de Dieu et le travail de tous, nous nous en sortirons. Comme je viens de le dire, les défis du pays sont immenses.

La toute première priorité est la paix et la sécurité. Sans cette paix et cette sécurité, on ne pourra rien entreprendre. Le pays restera paralysé, il n y aura aucune possibilité d’engager les programmes de développement.

Mais, pour obtenir la paix et la sécurité, il nous faudra procéder au désarmement, c’est-à-dire retirer entre les mains des groupes armés les nombreuses armes qui sont en circulation sur le territoire national. Dans cette perspective, j’ai rencontre chaque responsable des groupes armés à qui j’ai expliqué la nécessite pour nous d’aller au désarmement dans la concertation.

Grace à Dieu, beaucoup m’ont écouté et se sont engagés à suivre cette voie. Il y deux(2) jours, j’ai nommé des personnalités devant faire partie de l’équipe qui travaille en ce moment sur le DDRR à la présidence de la république.

Le travail a déjà commencé et j’ai espoir qu’il ira vite pour qu’on arrive à ce désarmement effectif. Mais, je tiens à profiter de cette rencontre de Kaga Bandoro pour rappeler à tous les centrafricaines que la période d’exception, la période de transition est terminée. Nous avons organisé des élections sur l’ensemble du territoire national, le peuple souverain s’est exprimé.

Nous devons aujourd’hui, bâtir un nouvel Etat, un Etat de Droit. L’Etat de droit signifie qu’il n y a plus d’anarchie, que tout doit se passer conformément à la loi.

Mais, pourquoi, les hors la loi veulent-ils encore imposer à notre peuple l’anarchie, la rébellion alors qu’il a choisi la voie de la démocratie ?

Il faut vous lever et dire non à tous ceux qui veulent nous ramener en arrière, à ceux qui veulent maintenir le pays dans le chaos et leur dire que c’est l’ère de la paix et du développement. Dans les actions que nous sommes en train d’entreprendre, il y a une action qui est très indispensable pour la stabilité et la sécurité de notre pays. Elle concerne la restructuration de notre armée nationale.

La restructuration de l’armée, nous la mènerons en même temps que le DDRR pour nous permettre d’avoir une armée pluri ethnique, professionnelle et apolitique à très court terme, pour les besoins de la sécurité nationale. Mais cette armée que nous allons bâtir n’aura pas pour mission de faire la guerre contre d’autres centrafricains .Elle sera mise en place pour la sécurité du pays et celle de tous les centrafricains qu’ils soient à l’Est, à l’Ouest, au Centre, au Nord ou au Sud.

Je me battrai pour que cette nouvelle armée ait le minimum de moyens requis pour assurer sa mission. En même temps, j’engagerai le gouvernement à travailler pour assurer la présence de l’Etat sur l’ensemble du territoire national. Dans cette perspective, les préfets, les sous préfets, les postes de police et de gendarmerie seront également déployés sur l’ensemble du pays.

L’Etat doit se redéployer partout pour assurer les besoins vitaux de l’ensemble de nos populations. Nous devrons dès à présent assurer un développement intégral et intègre de toute la République centrafricaine. En procédant de cette manière, on mettra fin aux frustrations qui ont longtemps marqué nos compatriotes de certaines régions du pays.

J’en viens à l’agriculture et à l’élevage, ils doivent plus que ne jamais être au centre de nos actions. Je demanderai au Gouvernement de tout faire pour que le travail de la terre et que l’élevage reprenne dans la Nana Gribizi. Aussi, je veux évoquer la question de la libre circulation des personnes et biens dans la Nana Gribizi.

J’apprends que des hommes en armes qui tiennent des réunions ici à Kaga Bandoro et dans ses environs tels les membres, prennent pratiquement en otage les paisibles populations. Il leur serait fait interdiction de circuler en motos. Pourquoi tout cela ? Pourquoi certains de nos compatriotes font-ils tant de mal au pays ?

Faire obstacle au retour à la vie normale et empêcher les populations civiles de vaquer à leurs occupations sont des actes que je condamne avec vigueur.

Que cherchent-ils au juste ? Pourquoi, ne sont-il pas présentés aux élections s’ils veulent faire de la politique ou s’ils pensent qu’il sont porteurs de projets politiques ?

Le peuple veut aujourd’hui de la paix et du développement, c’est pourquoi j’exhorte ceux qui entretiennent l’insécurité sur cette partie du pays à cesser ces actes qui relèvent du grand banditisme. Je termine en annonçant qu’après la Nana Gribizi, je me rendrai dans d’autres parties du territoire national pour parler de la paix et de la réconciliation nationale.

Que Dieu bénisse notre pays, je vous remercie pour cet accueil chaleureux.
 
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