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Barthélemy Boganda, le père fondateur de la République centrafricaine

Par Ariane Nkoma - 30/03/2011

Il mourut des suites d’accident d’avion juste avant l’indépendance du pays

 

Moins de 60 ans à peine, un député Noir déclarait à la tribune de l’Assemblée Nationale Française: «Le peuple africain ne se contente pas de discours, il juge avant tout d’après les faits». C’était le député Barthélemy Boganda, un des leaders en Afrique centrale de la lutte pour la dignité des Africains, tout comme l’était Patrice Lumumba. Pied à pied, il avait combattu les travers du système colonial pour arracher des réformes importantes pour le peuple centrafricain, au nom de la lutte contre les injustices et pour l’égalité des droits pour tous. Le travail forcé et les réquisitions humiliantes de main-d’œuvre furent ainsi supprimés.
Aujourd’hui, peut-on dire que les Centrafricains retrouvent dans leurs gouvernants au plus haut niveau le feu sacré tel qu’il animait profondément Barthélemy Boganda ? Il disait: « Notre seul Maître est le peuple oubanguien et seul l’intérêt de l’Oubangui nous a jusqu’ici dicté dans notre ligne de conduite». Barthélemy Boganda né en 1910 et décédé en 1959 des suites d’accident d’avion, à la veille de l’indépendance de son pays, fut un homme politique, député-maire de Bangui, considéré comme le « père fondateur de la République centrafricaine » (RCA), un titre tendant à rendre hommage à cet éphémère président du gouvernement, qui donna à la RCA sa dénomination, son drapeau, sa devise, son hymne.
Boganda a mené en Oubangui-Chari, la « cendrillon de l'empire colonial français », une lutte contre les abus de l'exploitation coloniale et un combat en faveur de l'émancipation de l'homme noir. Sa forte personnalité le rend incontournable lors du processus de décolonisation. De manière très opportune, il est approché par de nombreux Européens établis à Bangui. Cette réconciliation, en phase avec son humanisme chrétien hérité de ses années de sacerdoce, le propulse à la tête d'une société coloniale nouvellement fraternelle.

 


© google
Barthélemy Boganda
En 1957, son élection à la présidence du Grand Conseil de l'Afrique-Équatoriale française (AEF) porte sa renommée et sa popularité à l'ensemble des territoires français d’Afrique centrale. Il défend des thèses fédéralistes audacieuses, lançant l'idée d'États-Unis de l'Afrique latine, au-delà de l'AEF, vers l'Angola ou le Congo belge. Sa disparition crée un vide politique considérable en RCA, au point que la qualité revendiquée de « véritable héritier de Boganda » est restée longtemps une caution et une légitimation à diriger l'État.
S’il faut retenir deux de ses œuvres dans lesquelles il s’était beaucoup investi, on notera : Son attachement au rassemblement du peuple centrafricain dépassant les considérations ethniques. Par son action concrète sur le terrain, il réalisait l’unité et la cohésion du pays, et ce grâce à une politique de présence dans toutes les régions. Il a écrit à ce propos: « … Je parcours toutes les régions de l’est pour faire comprendre à la population la nécessité du travail, parce que je n’ai plus rien à lui apporter, après lui avoir donné ma vie, mon temps, ma liberté et mon argent ». Et sa lutte pour l’émancipation du peuple centrafricain avec pour principe de base, tout mettre en œuvre afin qu’il retrouve sa liberté et parvienne par son travail, non pas sous la contrainte et la brutalité, à se nourrir, se soigner, s’instruire, se loger et se vêtir.
En sa qualité de Président du Grand Conseil de l’Afrique Equatoriale Française (AEF), il prônait par conséquent l’accession groupée à l’indépendance de tous ses pays membres (Tchad, Oubangui-Chari, Moyen-Congo, Gabon). Mais Barthélemy Boganda disparaissait précocement avant que s’accomplisse son œuvre de lutte pour la dignité des Africains et la conquête de leur indépendance.

 

 

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